Bonjour,
Je suis de retour à la maison
suite à mon opération du genou.
Parmis mes nombreux emails, j'
ai eu des nouvelles de la biologiste marine et spécialiste
de l’halieutique Lyne Morisette grâce
à notre amie en commun, Stéphanie Houde,
et lu son article sur le site
internet du
GREMM, ONG canadienne
que je connais depuis longtemps.
Je l' avais rencontré a Rimouski
(Canada) en 2007 grâce à Stéphanie
lorsque je travaillais pour le GREMM. Elle m'avait parlé
de son travail et cherchait un assistant pour son départ
aux Etats-Unis. Malheureusement je n'ai pas été
retenu.
Son article intitulé: Should
whales be culled to increase fishery yield ?
a été publié dans le prestigieux
magazine Science (volume 323, numéro 5916,
pages 880-881).
Le rapport est
intéressant mais je connaissais déjà
beaucoup à ce sujet. En tout cas, je vous fais
parvenir le texte (en français) tiré du
site internet de son université à Rimouski
:
13 février 2009 RIMOUSKI
- Une étude scientifique nouvellement publiée
dans la revue Science fait le point sur la compétition
potentielle entre les baleines et les pêcheries
dans les régions tropicales de l’Afrique de l’Ouest
et des Caraïbes.
« Au cours des dernières
années, le Japon et d’autres pays ont affirmé
que les baleines sont en compétition directe avec
les pêcheries pour les ressources en poisson et
qu’elles seraient responsables de l’effondrement des stocks
à l’échelle mondiale. Selon les pays appuyant
la chasse baleinière, la réduction des populations
de baleines serait donc une méthode efficace pour
augmenter les quantités de poissons dans les océans.
La chercheure en écologie marine
et spécialiste de l’halieutique Lyne Morissette,
stagiaire postdoctorale à l’Institut des sciences
de la mer de Rimouski, s’est penchée sur la question
de l’impact des grands cétacés sur les écosystèmes
tropicaux du nord-ouest de l’Afrique et des Caraïbes.
En collaboration avec des chercheurs des États-Unis,
d’Allemagne et du Canada, elle a colligé les données
les plus récentes concernant les pêcheries
et l’écologie des espèces marines afin de
modéliser ces écosystèmes. Les résultats,
publiés dans la revue Science (volume 323, numéro
5916, pages 880-881), démontrent que même
une élimination complète des grandes baleines
ne conduirait à aucune augmentation significative
de la biomasse des poissons commercialement importants
dans ces régions. Par contre, les auteurs démontrent
que de légères modifications dans la gestion
des pêcheries pourraient induire une réelle
augmentation des stocks de poissons.
Dans le débat de la Commission
Baleinière Internationale (CBI), les arguments
japonais sont particulièrement appuyés par
les représentants des pays de l’Afrique et des
Caraïbes nouvellement membres de la CBI. Or, ce sont
ces pays qui bordent les zones de reproduction des baleines.
« Les grands cétacés n’y sont présents
que quelques mois par année et ne s’alimentent
pratiquement pas durant cette période »,
souligne la chercheure Lyne Morissette.
Les auteurs de cette étude suggèrent
qu’il n’existe pas de compétition entre les baleines
et les pêcheries dans les eaux tropicales, et ce
pour quatre raisons. Premièrement, le régime
alimentaire des baleines à fanons est fondamentalement
différent de ce qui est capturé par les
pêcheries. Deuxièmement, ces grands cétacés
consomment très peu de nourriture en période
de reproduction (environ dix fois moins), comparativement
à ce qui est capturé par les pêcheries.
Troisièmement, la présence des baleines
à fanons a aussi un effet structurant pour l’ensemble
de l’écosystème. Les résultats des
simulations montrent que non seulement le retrait des
baleines à fanons n’aide en rien les pêcheries,
mais peut même dans certains cas nuire aux populations
de poisons en raison de l’effet indirect de ces cétacés
dans l’écosystème. Finalement, l’impact
global des baleines à fanons dans les écosystèmes
tropicaux est environ cent fois moindre que celui des
pêcheries.
Malgré ces données, le problème
de la compétition entre les baleines et les pêcheries
pour les espèces de poissons de commercialement
importants demeure chaque année un sujet chaud
aux réunions de la CBI. La Dre Morissette souligne
qu’il s’agit d’une perte de temps et d’énergie,
qui dévie volontairement l’attention du vrai problème
: la surexploitation des ressources halieutiques.
« Le fonctionnement des écosystèmes
est beaucoup plus complexe que cette explication linéaire
et simpliste : moins de baleines, plus de poissons »,
commente Lyne Morissette. Les scientifiques concluent
de leur travail que la chasse à la baleine n'est
en aucun cas une solution aux problèmes de la pêche
dans les pays en voie de développement.
Les problèmes devraient plutôt
être abordés dans le contexte plus large
de la crise mondiale qui sévit actuellement dans
les pêcheries, et des problèmes locaux comme
l'exploitation des ressources marines tropicales par des
pays industrialisés ».
Contact:
Dre Lyne Morissette
Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER)
Université du Québec à Rimouski
e-mail: lyne.morissette@globetrotter.net
http://www.uqar.qc.ca/uqar-info/0209/LMorissette.asp
L’Article :
Gerber, L., L. Morissette, K. Kaschner, et D. Pauly (2009)
“ Should whales be culled to increase fishery yield? ”
Science, Vol. 323 : 880-881. Information supplémentaire
:
http://www.lenfestocean.org/whales_fisheries.html