AMIS des BALEINES, CACHALOTS et DAUPHINS. (A.B.C.D.)
MOTIVATION DU PROJET
Faut-il rester les bras croisés et constater comme une fatalité la disparition des baleines grises dans l'atlantique.
Je pense que non, d'autant plus que nous avons les moyens techniques de réparer les erreurs du passé.
Je n'ai plus envie de regarder, les mains dans les poches, la mort complètement inutile de plus de 150 grises par an.
Nous devons en soustraire un certain nombre chaque année pour tenter de les faire vivre dans leur milieu d'origine.
L'argent existe ; certains dépensant jusqu'à vingt millions de dollars pour une semaine dans l'espace.
J'avais cru utile pour les populations aborigènes, un quota de subsistance, mais celles-ci n'ont aucun respect de la protection contrairement aux idées reçues.
Si leurs parents mettaient une semaine pour tuer un Bélouga, aujourd'hui ils en tuent quarante en une journée (scène vue par un ami québécois).
Les japonais encouragent tous les peuples minoritaires à reprendre leurs traditions de chasse à la baleine.
Nous devons aller plus loin dans la protection, la réintroduction, en imposant des sanctuaires dans les zones concernées.
Je vous remercie de diffuser ce projet, de le soutenir, de le diffuser, afin qu'un jour futur, il puisse permettre aux baleines grises de revivre en Atlantique Nord. Seules de grandes nations pourront en être le maître d'œuvre.
DESCRIPTION DU PROJET
Ce projet, s'il peut vous paraître ambitieux, ne serait que le juste retour de cette baleine dans un océan où elle a toujours vécu depuis l'origine des temps, mais aussi une revanche sur la folie de l'homme.
Pour comprendre comment la baleine grise était dans le Pacifique et dans l'Atlantique, il faut remonter à l'origine de la dérive des continents au temps où il y avait une communication entre l'Amérique du Nord et du Sud (Würtz et Repetto. 1999) et plus en avant lorsque la mer de Téthys a permis la dispersion des céthothères (Sylvestre 1995) et des Basilosauridés (Wong 2002).
Nous connaissons avec certitude l'existence de la baleine grise en Atlantique (Cousteau et Paccalet 1986) (Fontaine 1998) (Sylvestre 1995). Nous savons aussi avec une quasi certitude que cette population a disparu, due à la surexploitation de la chasse à la baleine, (Gohier 1988, Wandrey 1999, Dumont et Marion 1997). Pourquoi la baleine grise a t'elle une population plus nombreuse dans le Pacifique ?
On serait tenté de le croire puisqu'une des deux a pu survivre, mais il faut savoir que la chasse à la baleine a commencé bien plus tôt en Atlantique Nord (Cohat et Collet 2000) et que son intensité était sûrement très importante puisqu'elle a fait disparaître un sérinien appelé rhytime "vache marine de Steller" (Hydromamalis stelleri) découvert en 1741 par Behring (Ramade 1992) sur les rives de la mer d'Okhotsk et exterminé en 1768 par les baleiniers qui la chassaient pour sa chair, un animal de 9 mètres de long et d'un poids de 3 à 4 tonnes. (Engel 1961). Déjà en 1578, trente bateaux basques armés apparaissaient devant Terre Neuve (Newfoundland), alors que la chasse à la baleine grise n'a commencé qu'à une large échelle en 1851 (Grzimek 1971), dans le Pacifique.
Seul C. Scammon donne des chiffres à cette époque pour la baleine grise (Cousteau et Paccalet 1986) 30.000 individus pour le Pacifique ! ? …
Lorsque la dérive a fini de fermer le passage entre l'Amérique du Nord et du Sud, la population de l'Atlantique Nord a été séparée comme l'a été celle du dauphin tacheté (Stenella frontalis) (Wurtz et Repetto 1990).
Personne ne sait combien il y avait de baleine grise dans l'Atlantique Nord, seuls Cousteau et Paccalet en 1986 ont estimé la population originelle du Pacifique de15000 à 18000 individus.
Il ne fait aucun doute que la baleine grise pourra revivre en Atlantique Nord puisqu'elle y a déjà vécu et qu'elle y vivrait encore aujourd'hui sans son extinction.
Nous savons aussi qu'après avoir failli disparaître du Pacifique, la baleine grise a pu reconstituer sa population avec seulement 160 individus en 1885-1886 (Cousteau et Paccalet 1986)
Dans son étude Grzimek explique qu'en 1937, il n'y avait que 250 baleines grises en vie sur la côte californienne et qu'en 1968 le peuplement était de 18300 individus.
Donc on peut estimer que si on arrive à transporter 200 sujets via le canal de Panama, une population peut être viable d'ici 100 ans en Atlantique Nord.
Cela est possible au vu des images du sauvetage des baleines grises prises dans les glaces en 1988 (Dumont et Marion 1997).
Il suffit de le faire avec des barges adaptées, à partir de la basse Californie. Nous savons de par l'étude de Scammon qu'elles se couchent dans des fonds de soixante à quatre vingt centimètres d'eau. (Grzimek 1971). Elles peuvent donc être transportées dans des barges de type LST.
La C.B.I. accorde une clause d'exemption aborigène de 140 baleines grises aux Inuits et autres populations dites aborigènes (Cohat et Collet 2000). En fait le chiffre moyen est de 165 ind. à quoi il faut ajouter quelques exécutions pour permission scientifique spéciale, 316 entre 1959 et 1969 (Cousteau et Paccalet 1986).
De plus il est prouvé que la clause d'exemption a tendance à être détournée de son objet par les Soviétiques (Cousteau et Paccalet 1986) (Watson 1996) (Gohier 1988).
Nous trouvons donc notre compte de baleines qui pour elles sont vouées à la mort, il est donc possible de prendre le risque d'une réintroduction en Atlantique Nord, sur le quota de 165 individus.
Que vont-elles faire dans le golfe du Mexique ? Etre perdues et tourner en rond ? Non, car leur instinct migratoire est programmé, d'autant plus qu'elles auront les courants pour les guider dans leurs premières migrations. Nous savons qu'elles migrent à la vitesse de 5 à 6 nœuds, et qu'au long de cette migration elles communiquent entre elles ; que leurs cris se perçoivent une heure avant (Diolé et Cousteau 1973), nous avons donc la possibilité de les guider pendant leurs premières migrations.
Où iront-elles se nourrir ? Probablement dans la baie de Baffin, haut lieu de la chasse à la baleine jusqu'à la fin du XIX eme siècle (Dumont et Marion 1997), ou avec les baleines franches qui chaque année effectuent la migration du golfe du Mexique au Groenland (Dumont et Marion 1997) (Fontaine 1998) car la baleine franche vit dans cet Atlantique Nord, dans cette même zone.
A nous de savoir si nous voulons continuer à la voir mourir, ou essayer de lui redonner une nouvelle vie, une chance, un pari sur la vie plutôt que sur la mort. Nous serons vigilants, nous les équiperont de balise Argos, nous les suivrons pour mieux aider à protéger leurs nouveaux milieux de vie afin d'éviter l'étrange mort des cétacés en Corse. (Roux et Braconnot 1974).
Nous bénéficierons aussi des enseignements du plan canadien de rétablissement de la baleine noire de l'Atlantique Nord (Collectif 2000)
Et puis il y a les courants marins. A leur examen, il n'y a pas d'incompatibilité, dans le Pacifique elles rencontrent le courant du même nom longeant les côtes du nord au sud. Dans l'Atlantique, elles rencontreront le courant du Labrador, même courant froid descendant du nord au sud. Puis le long des côtes américaines celui sculpté par les tourbillons suscités par le Gulf-Stream. (Carson 1959) (Leip 1956).
D'autant plus que le capitaine baleinier Timothy Folger, cousin du Président Benjamin Franklin, lors de la préparation de la carte du Gulf-Stream, lui avait fait remarqué que les baleines restent toujours sur ses flancs et jamais à l'intérieur.Les cétacés étaient attirés par l'abondant plancton proliférant à ses abords. (Whipple 1984).
Dans leur migration vers le nord, pour se nourrir en été, elles trouveront des eaux d'une température d'un maximum de 10 ° entre le Newfoundland et l'Iceland et descendant à 5° voire moins dans Baffin Bay et le long des côtes du Groenland, là même où elles ont disparu au XVII e (Leip 1956) (Carwardine 1996).
La baleine grise fréquente principalement les eaux peu profondes et on la trouve surtout le long des côtes orientales du Pacifique (Sylvestre 1995). Elle trouvera des eaux peu profondes le long des côtes du golfe du Mexique, de l'Amérique du Nord, du Canada, jusqu'au fond de Baffin Bay et le long des côtes du Groenland si toute fois elle traverse la fosse du détroit de Davis (Coulmy et Page 1974).
Les cartes établies par le satellite Seasat (1978) sur la valeur moyenne des vents de surface et des hauteurs de vagues entre juillet et octobre indiquent les mêmes valeurs sur ses aires actuelles d'estivage du Pacifique Nord, que celle de sa future vie en Atlantique Nord (Whipple 1984).
Quelques autres examens d'images en couleurs codées par ordinateur d'après les données du satellite Nimbus 7, indiquent la teneur en chlorophylle de l'Atlantique Nord. Celle-ci indique une forte concentration végétale le long de la côte Ouest, ce qui est de bon augure, car elle se nourrit d'organismes benthiques. (Wandrey 1999) (Whipple 1984).
L'alimentation de la baleine grise est composée d'animaux de petite taille habitant les fonds sableux, tels que crustacés, amphipodes, gastropodes marins, micro-organismes divers, ainsi que des poissons. (Sylvestre 1995). Quelques amphipodes benthiques dûment identifiés (Amplisca eschrichti, Amplisca macrocephala, Atylus carcinatus) qu'elle pêche en filtrant la vase (Dumont et Marion 1997), mais aussi de vers (Polychètes), de seiches, petits harengs et sardines en bancs, mais aussi de végétaux. (Wandrey 1999).
Pour l'Atlantique Nord, le benthos est beaucoup plus riche dans les zones tropicales que dans les zones côtières arctiques, le Gulf-Stream influant jusqu'au Nord des Lofoten. Par contre, le courant froid du Labrador, qui se dirige vers le Sud, se serre contre la côte atlantique du Canada et des Etats-Unis de sorte que les eaux côtières sont froides jusqu'au Cap Cod et ne possède que 143 espèces au lieu des 450 espèces de mollusques prosobranches vivant sous la même latitude dans le golfe de Gascogne. (Thorson 1971).
Dans son livre "La vie dans la mer" deux chapitres illustrent le potentiel de nourriture. "La vie sur le fond" et "La zone sublittorale" espace de la marée basse à 200 m de profondeur, c'est-à-dire la limite du plateau continental. L'auteur Gunnar Thorson, pour l'Atlantique Nord, décrit en détail, la vie benthique, et il ne fait aucun doute que les baleines grises auront de quoi se nourrir.
Autre livre sur l'étude des benthos "L'Atlantique, histoire et vie d'un océan" d'Edouard Le Danois. A sa lecture, il démontre la ressource et la qualité du milieu. Je crois qu'il ne fait aucun doute que la baleine puisse revivre dans l'Atlantique Nord.
Reste maintenant leur hivernage. Dans le golfe du Mexique ou le long des côtes de Floride ou encore dans l'archipel des Bahamas, dans ce qu'il est commun d'appeler la mer des Antilles, il ne fait aucun doute que ces deux types de milieux sont très proches et qu'il n'y a rien d'incompatible, selon les cartes dressées par les climatologues du CLIMAP (Chorlton (1984) entre le 20 décembre et le 20 mars, date de son hivernage en Basse Californie. (Olivier 1985).
L'examen des cartes satellitaires de Seasat sur la température entre la Basse Californie et le golfe du Mexique est quasiment identique (Whipple 1984) d'autant plus qu'elle est peu sensible aux forts changements de température qui caractérisent ces eaux peu profondes (Wandrey 1999).
A l'examen des cartes côtières de la Floride (Carr 1975), les baies ne manquent pas pour mettre au monde les petits.
Une prospection devra être réalisée pour trouver des baies peu profondes. Les premiers examens font apparaître que "Biscayne National Monument" avec Card Sound et Barnes Sound pourrait être un site de reproduction pour la baleine grise.
Maintenant il reste le volonté. Comme Paul Spong, je crois fermement que tout changement peut survenir à la vitesse de la pensée (Hunter 1983).
Demander aux populations aborigènes de ne plus chasser les baleines n'a rien amené, mais leur proposer que leurs baleines serviraient à repeupler un autre océan est une expérience à envisager. Au dire des paroles du chef Seattle "Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie, il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à la trame il le fait à lui-même". (Rivière 1989).
Je vous présente ici les bases d'une réflexion pour un projet de réintroduction d'une baleine dans un océan où l'homme l'a fait disparaître .Il est légitime que vos questions soient : mais comment va t'elle revivre ?
Elle va déjà survivre à une mort programmée pour elle, mais il est certain qu'elle devra trouver de nouveaux repères, de nouvelles baies pour mettre au monde ses petits, et celles-ci sont nombreuses sur la côte Est tout le long de la Floride, Georgie, Caroline, Maryland etc (Rand Mc Nally, 1988). Mais aussi, elle devra trouver de nouvelles sources de nourriture, tout au long des courants de Floride, du Labrador (Le Danois 1938) et trouver sa ressource dans l'Atlantique (Thorson 1971)) (Coulny et Page 1974). L'Atlantique n'a rien d'hostile pour elle, comme les autres cétacés, elle s'adaptera à sa nouvelle vie.
Il est possible qu'il soit difficile de déplacer 200 sujets en une seule fois mais nous savons que la baleine grise vit généralement en groupe de 2 à 3 individus qui pour la migration se joignent à d'autres en formation de 10 à 16 baleines (Wandrey 1999).
Il suffirait de 20 baleines par an puisque Scammon explique qu'en 1874 il ne voyait qu'une quarantaine de baleines en migration (Grzimek 1971)
Rien, mais vraiment rien ne s'oppose à ce que nous essayons de sauver d'une mort certaine une vingtaine de baleines par an, pour leur donner une nouvelle chance de revivre dans l'océan atlantique.
Vue de l'espace, la terre est une planète bleue. Vue de l'espace la terre est la planète des baleines et non pas celle des hommes "Whales Nation". Heathcote Williams (Carwardine, et all. 2000)
Bibliographie :
CARR A., 1975, Les marais de Floride, les grandes étendues sauvages. Time Life Amsterdam, 184 p
CARSON R.L., 1957. Cette mer qui nous entoure. Club français du livre, Paris, 340 p. Et, 1959. Edition des deux coqs d'or, 165p
CARWARDINE M., 1996. Baleines, Dauphins et Marsouins. Bordas, 256 p.
CARWARDINE M., HOYT E., FORDYCE R.E., GILL P., 2000. La grande famille des cétacés. Könemann, Cologne, 287 p.
CHORLTON W., 1984. Les périodes glaciaires. La planète Terre, Time Life, Amsterdam, 176 p.
COHAT Y., COLLET A., 2000. Vie et mort des baleines. Découverte Gallimard, Paris, 127 p.
COLLECTIF., 2000. Plan canadien de rétablissement de la baleine noire de l'Atlantique Nord. Fonds mondial pour la nature Canada et le ministère des Pêches et des Océans. WWF Canada, 106 p.
COULMY D., PAGE J.P. ,1974. Les ressources de l'océan. Mythe ou réalité ? Presse de la cité,
295 p.
COUSTEAU J.Y., PACCALET Y., 1986. La planète des baleines. Robert Laffont, Paris 279 p.
DIOLE P., COUSTEAU J.Y, 1973, Nos amies les baleines, l'Odyssée. Flammarion Paris 300 p,et 1990. Edition j'ai lu, Paris 252p
DUMONT J .M ., MARION R., 1997. Cap sur les baleines. Nathan, Paris, 128 p.
ENGEL L., 1961. La mer. Le monde vivant, Time Life 190 p.
FONTAINE P.H., 1998. Les baleines de l'Atlantique Nord. Biologie et écologie. Multimondes, Canada, 290 p.
GOHIER F. ,1988. Les hommes préfèrent les grises. GEO 117 : 65-83
GRZIMEK B., 1971. Le monde animal en 13 volumes Tome XI Mammifères 2. Editions Stauffaccher Zurich, 610 p.
HUNTER R., 1983. Greenpeace, "L'épopée mondiale du grand mouvement écologique racontée par l'un de
ses fondateurs". Robert Laffont, Paris, 445 p.
LE DANOIS E., 1938. L'Atlantique, Histoire et vie d'un océan. Albin Michel Paris 290 p.
LEIP H., 1956. Le roman du Gulf-Stream. Plon. Réédition du club des libraires de France, 388 p.
OLIVIER J., 1989. Neuf baleines sur dix naissent dans les eaux mexicaines. GEO 77 : 115-116.
RAMADE F., 1989. Eléments d'écologie. Ecologie appliquée. Ediscience international. Paris 578 p.
RAND Mc NALLY., 1988. Road atlas, United States, Canada, Mexico. New York 128 P.
RIVIERE P., 1989. Parole du chef Seattle, nous sommes peut-être frères…Utovie. 40320 Bats France, 32 p.
ROUX T., BRACONNOT J.C., 1974. L'homme et la pollution des mers. Petite bibliothèque Payot : 239, Paris, 170 p.
SYLVESTRE J.P., 1995. Baleines et Cachalots. Delachaux et Niestlé, Lausanne, 135 p.
THORSON G., 1971. La vie dans la mer. L'univers des connaissances, Hachette, Paris 256 p.
WANDREY R., 1999. Guide des mammifères marins du monde. Delachaux et Niestlé, Lausanne, 284 p.
WATSON P., 1996. Au nom des mers, les confessions d'un éco-guerrier. Le pré aux clercs, Document, 399 p.
WHIPPLE A.B.C., 1984. Les courants marins. La planète terre, Time-Life, Amsterdam, 176 p.
WONG K., 2002. Les mammifères à la conquête des mers. Pour La science, 297 : 65-71 juillet 2002.
WURTZ M., REPETTO N., 1990. Dauphins et Baleines. Gründ, Paris, 167 p.
Amis des Baleines, Cachalots et Dauphins. ( A,B,C,D.)
Andréas GUYOT
7, rue Jules Verne
64000 PAU |
M.J.C. du Laü
81, avenue du Loup
64000 PAU |
e-mail : greywhaleprojet@ipvset.com
Si ce projet vous plait, il est aussi le vôtre, et sera à tous ceux qui s'investiront.
I am entirely at your service, Whales.